Le jour venait de se lever, si tant est que de la lumière pouvait fuser d'entre les ténébres éternelles de l'Angmar. Ce lieu, impregné du Mal, avait peine à voir la Nature y reprendre ses droits. Tout était désolé et sec, la noirceur se refletait jusque sur les maigres buissons qui tentaient d'y subsister.
La seule vie que l'on pouvait croiser en Angmar étaient des Orcs, tapis dans les profondeurs de Carn Dum. La seule? Non, pas tout à fait.
Quelqu'un avait élu domicile dans une petite vallée encaissée entre deux hautes montagnes, non loin de la Capitale. Dans cette batisse faite de bois et de pierres, à l'allure inquietante car herrissée de pics et ornemantée de cranes de diverses créatures, résidait un être.
L'intérieur était tout aussi intimidant, eclairés par des bougies fichées dans de petits crânes qui pourraient tout aussi bien être ceux d'enfants.
Alors d'un petit diablotin se voyait contraint de faire le ménage, sa maitresse était assise sur un siege de velour rouge sang, songeuse en degustant un verre de vin.
Pourquoi les neufs avaient-ils quitté le Mordor pour ce pays ridicule qu'est la Comté? Que cherchaient-ils ou plutot, qu'est-ce que Sauron pouvait bien espérer trouver ici? Les Hobbits ne représentaient aucune menace et seraient balayés d'un revers de main dès qu'il le déciderait. Alors pourquoi leur accorder cete importance?
Posant son verre sur une petite table taillées dans du bois massif, elle regarda son diablotin s'appliquant à la tâche.
Ziltrin, je crois que c'est le moment de voir du pays. Je me trompe peut-être mais Sauron prépare quelque chose et je ne veux pas rater ça.Elle se leva alors, et entra dans une sorte de petit laboratoire, où elle prépara une besace. Elle y plaça quelques petits lozanges roses clairs - ses précieux fragmnets d'ames - au nombre de vingt. Puis elle emballa soigneusement quinze potions lui permettant de se guerir rapidement, ainsi que cinq breuvages lui rendant instantanément de la magie. Quelques bandages déjà préparés peuvent être utiles également.
Ceci fait, elle se dirigea dans sa chambre et revetit sa tenue de combat, et mit sa dague au fourreau.
Une dernière petite verification d'usage et elle sortit, fermant à clé sa batisse. Puis la voilà qui se mit à incanter durant une dizaine de secondes pour invoquer son Drake du néant, sur lequel elle monta, et le fit décoller en direction.... de la Comté.